Je me souviens encore de ma première nuit à explorer les open tunings : des sonorités qui ouvrent des portes, et aussi quelques portes que j’ai bien claquées contre mes doigts. Cet article te guide à travers les erreurs fréquentes des débutants en open tuning, avec des conseils pratiques, des exercices et des anecdotes pour que tu trouves ton son sans te perdre en route.
Comprendre l’accordage ouvert : choisir sans se tromper
L’un des premiers pièges quand on découvre les open tunings (accordages ouverts) est de choisir un accordage parce qu’il sonne bien sur une vidéo, sans comprendre la logique intervalle/tonalité derrière. Les accordages ouverts transforment la guitare en un instrument presque nouveau : l’espace harmonique change, les résonances se déplacent, et certaines positions deviennent inutiles ou trompeuses.
Pourquoi c’est une erreur
- Tu peux te retrouver coincé dans des shapes qui fonctionnent bien pour un morceau précis mais t’empêchent de comprendre la structure harmonique.
- Tu risques d’adopter un accordage inadapté à ton style vocal ou à tes compositions (ex. Drop D vs Open G pour le chant).
- Tu sous-estimes l’impact sur la tension des cordes et la nécessité d’ajuster le setup.
Comment choisir correctement
- Identifie ta tonalité de prédilection : si tu chantes souvent en Mi, le Open E peut être pratique, mais attention à la tension des cordes.
- Essaie d’abord des variantes proches : Drop D puis Open D (D-A-D-F-A-D) plutôt que de sauter directement en Open C.
- Fais des tests d’accordage rapides avant une session : en 10 minutes tu devrais sentir si l’accordage stimule ta créativité ou te bloque.
Exercice pratique (10 minutes)
- Accorde en Open G (D-G-D-G-B-D). Joue une progression simple I-IV-V en D (D-G-A) pour sentir comment les notes racines résonnent différemment.
- Change pour Open D et répète : note les différences de sustain, d’attaque, de « poids » des accords.
Anecdote
Je me souviens d’un weekend à bricoler un morceau en Open D ; j’étais persuadé que l’accordage me pousserait vers un blues nocturne. J’ai composé une ballade folk en 20 minutes — parce que l’accordage m’a forcé à jouer moins de notes, mieux choisies. Moral : choisis un accordage pour ce qu’il stimule, pas pour ce qu’il promet sur une vidéo.
Mots-clés à garder en tête : open tuning, accordage ouvert, intervalle, tension des cordes, sustain. Ces termes te guideront vers un choix réfléchi plutôt qu’un coup de cœur passager.
Technique et formes d’accords : ne pas se reposer sur les automatismes
Passer à un open tuning ne veut pas dire que tes automatismes de standard vont fonctionner tels quels. Beaucoup de débutants tombent dans le piège de réutiliser leurs shapes standards et s’étonnent ensuite d’un son brouillon ou de notes qui clashent.
Erreurs techniques courantes
- Utiliser des voicings de standard tuning sans repenser la disposition des notes.
- Jouer des barrés comme en standard : en open tuning, les barrés simples peuvent étouffer la résonance ouverte.
- Négliger la dynamique : l’attaque et le placement du pouce changent la couleur des accords ouverts.
Adapter son jeu
- Apprends les intervalles sur le manche dans ton nouvel accordage. Connais les tierces, quintes et octaves qui forment tes triades.
- Travaille la pince/rake (attaque multiple) pour exploiter les cordes ouvertes sans étouffer leur vibration.
- Intègre le slide si ton accordage s’y prête (ex. Open G/D). Ça demande une attaque plus douce et un contrôle du vibrato.
Exercices pratiques (20–30 minutes)
- Chromatique par intervalles : joue uniquement des tierces et quintes sur trois positions du manche pour te familiariser.
- Strumming contre fingerstyle : joue une même progression en strumming puis en fingerstyle pour entendre la différence de timbre.
Exemple concret
Quand j’ai commencé le fingerstyle en Open C (C-G-C-G-C-E), j’avais l’instinct de garder mes motifs rythmiques standards. Résultat : c’était plate. En réapprenant les intervalles et en privilégiant l’utilisation du pouce pour les basses, j’ai gagné une profondeur immédiate. Petit test : écris un riff de basse simple (root–fifth–octave) et superpose un motif mélodique sur les cordes aiguës.
Liste de vérification technique
- Identifier les notes de base (root/5/Octave) sur les cordes.
- Éviter les barrés épais sur les accords ouverts.
- Travailler attaques alternatives et muting léger pour contrôler la résonance.
- Tester le slide et ajuster l’attaque.
Mots-clés : voicings, slide, fingerstyle, strumming, intervalles. Ces compétences techniques te permettront de tirer profit de l’open tuning au lieu de t’y heurter.
Setup, intonation et choix des cordes : les oublis qui coûtent cher
Beaucoup de débutants négligent l’aspect luthier quand ils passent en open tuning. Pourtant, un accordage ouvert modifie la tension globale du manche, l’action, et la précision des notes — bref, l’intonation. Jouer longtemps dans un accordage inadapté peut rendre ta guitare difficile à accorder et fatiguer les doigts.
Problèmes courants
- Cordes trop fines en Open E provoquent des fausses notes et une intonation instable.
- Action trop haute/ basse après changement d’accordage : le manche bombe ou s’affaisse.
- Sillet et chevalet non adaptés : buzzs ou frictions sur certaines cordes.
Quel choix de cordes ?
Voici une recommandation générale (à adapter selon la guitare — électrique/folk/nylon) :
Note : ces valeurs sont indicatives. Si tu utilises Open E, envisages .012–.056 pour réduire la tension.
Réglages à vérifier
Avant de procéder aux ajustements mentionnés, il peut être utile d’explorer comment ces réglages affectent le jeu en open tuning. En effet, la maîtrise de l’open tuning peut transformer l’expérience musicale. Par exemple, des morceaux facilement jouables comme ceux présentés dans ces 10 morceaux peuvent bénéficier d’une attention particulière sur la hauteur des cordes et l’intonation. De plus, comprendre comment créer des accords en open tuning permettra d’optimiser chaque réglage pour un son harmonieux et équilibré.
- Truss rod : ajuste légèrement si le manche bombé change.
- Intonation du chevalet : vérifie au 12e frette, surtout si tu montes/diminue fortement la tension.
- Hauteur des cordes : baisse l’action si les slides freinent trop, augmente si ça frappe.
Anecdote luthier
Un pote est venu avec une Martin déformée après des semaines en Open E avec des .010. On a monté des .013–.056 et ré-ajusté la truss rod : la guitare a retrouvé du mojo et il a composé un morceau entier en une soirée.
Conseils pratiques
- Change de tirant progressivement : ne passe pas de .010 à .013 directement sans sentir la tension.
- Fais un check luthier après une grosse variation d’accordage.
- Utilise un bon accordeur chromatique et vérifie l’intonation à la 12e frette.
Termes à retenir : intonation, truss rod, tirant des cordes, action. Un setup adapté fait toute la différence entre un accordage inspirant et une source de frustration.
Théorie, oreille et transposition : ne pas rester dépendant des tablatures
La tentation de se fier uniquement aux tablatures et aux vidéos est forte. En open tuning, ça devient limitant : les shapes ne sont pas universels, les positions se transposent différemment, et l’oreille devient ton meilleur allié. Beaucoup d’erreurs viennent d’un manque d’ear training et d’une compréhension superficielle de la théorie.
Erreurs théoriques
- Copier des tabs sans comprendre pourquoi une note fonctionne.
- Ne pas apprendre les intervalles : un même motif peut être majeur ou mineur selon la note d’appui.
- Éviter la transposition : penser qu’un riff en Open G reste en open si on change de tonalité.
Compétences à développer
- Identifier les intervalles à l’oreille : tonique, tierce, quinte, septième.
- Apprendre à jouer en drop et à transposer des motifs simples entre tonalités.
- Comprendre la notion de drone (cordes ouvertes qui sonnent en continu) et comment l’utiliser sans que ça devienne brouillon.
Exercices d’oreille (15–20 min par jour)
- Trouve la tierce d’une note majeure/mineure sur une seule corde.
- Écoute un riff en open tuning et reproduis-le d’abord à l’oreille avant d’ouvrir la tablature.
- Chante la note racine puis trouve la même note sur la guitare : renforce la connexion voix/instrument.
Cas pratique
J’ai travaillé avec une chanteuse qui jouait exclusivement en Open D. Elle copiait des riffs, mais ses phrases vocales criaient parfois fausses. En lui faisant apprendre les intervalles et transposer ses motifs d’un ton, son chant a gagné stabilité et créativité.
Liste rapide de ressources
- Application d’ear training (5–10 min/jour)
- Livres basiques de théorie sur les intervalles
- Transcriptions d’artistes connus en open tuning (pour comparer)
Mots-clés : ear training, intervalles, transposition, drone, tablatures. Plus tu relies tes doigts à ton oreille, moins tu seras prisonnier des erreurs répétitives.
Pratique, créativité et documenter son travail : éviter l’errance sonore
Dernière erreur fréquente : ne pas structurer sa pratique et ne pas documenter les réglages. Les open tunings ouvrent un champ vaste — sans méthode tu peux t’éparpiller et perdre des heures sans résultat concret.
Habitudes à adopter
- Garde un carnet (ou une note numérique) avec : accordage utilisé, tirant de cordes, capo, réglages luthier, idées de riff. Tu gagneras du temps la prochaine fois que tu voudras reprendre un son.
- Sépare la session en blocs : 20 min d’exploration libre, 20 min de travail technique, 20 min composition.
- Enregistre tout : une prise rapide sur ton téléphone suffit. Tu seras surpris de retrouver des pépites oubliées.
Exemples d’exercices créatifs
- « 10 minutes, 1 motif » : choisis une note racine et compose un motif en 10 minutes. Répète 5 jours.
- « Drone experiment » : laisse deux cordes ouvertes sonner et compose une mélodie au-dessus en privilégiant l’espace.
- Enregistre un loop de 30 secondes et improvise dessus pendant 15 minutes : les meilleures idées viennent souvent de l’imprévu.
Statistique d’atelier (expérience personnelle)
Dans des ateliers que j’ai animés, 70% des participants retrouvaient une idée exploitable après avoir documenté et réécouté leurs sessions — preuve que l’archivage améliore la productivité créative.
Anecdote finale
Une nuit, avec une bière à la main, j’ai retrouvé une prise enregistrée deux semaines plus tôt en Open G. En la réécoutant, j’ai composé un pont entier pour un morceau qui dort maintenant sur un vinyle. Morale : documente, réécoute, développe.
Checklist rapide avant une session
- Note ton accordage et tirant choisi.
- Vérifie l’intonation et accorde chaque corde proprement.
- Enregistre une prise de référence.
- Fixe un objectif court (apprendre un riff, composer un motif, régler l’action).
Mots-clés finaux : pratique structurée, documentation, enregistrement rapide, créativité. Avec méthode et curiosité, l’open tuning devient un univers à explorer plutôt qu’un labyrinthe frustrant.
Éviter les erreurs en open tuning tient souvent de l’équilibre entre technique, théorie et curiosité. Choisis ton accordage avec intention, adapte ta technique, règle ta guitare, fais travailler ton oreille et surtout documente tes trouvailles. Si tu gardes une bière à la main et un carnet à portée, tu transformeras chaque séance en laboratoire sonore productive. Maintenant, accorde, expérimente et laisse l’accordage t’ouvrir de nouvelles routes musicales.





